Comment les véhicules autonomes optimisés par l’IA profitent aux agriculteurs
Dans le secteur agricole actuel, les discussions au sein de l’industrie concernant les véhicules autonomes les présentent souvent comme étant prêts à être adoptés à grande échelle. Mais pour de nombreux agriculteurs, la réalité est tout autre. Les coûts de main-d’œuvre dépassent désormais 53 milliards de dollars par année — l’un des postes de dépenses les plus importants du secteur agricole américain, selon l’American Farm Bureau Federation. Par ailleurs, trouver et fidéliser une main-d’œuvre fiable demeure un défi. Bien que l’automatisation fondée sur l’IA fasse déjà partie intégrante des équipements modernes, elle devient rapidement indispensable aux activités quotidiennes de l’exploitation agricole.
Chez New Holland, nous considérons l’autonomie non pas comme une percée ponctuelle, mais comme un processus continu. Il s’agit d’un parcours fondé sur l’innovation pratique, la confiance des agriculteurs et des équipements qui apportent une valeur ajoutée dès aujourd’hui tout en jetant les bases de l’avenir. Alors que la pénurie de main-d’œuvre persiste et que les coûts d’exploitation ne cessent d’augmenter, les capacités d’autonomie ne constituent plus une simple ambition pour l’avenir. Ils sont essentiels pour garantir la productivité, l’efficacité et la compétitivité des exploitations agricoles.
L’IA dans le matériel agricole d’aujourd’hui : déjà à l’œuvre sur le terrain
On a encore souvent l’impression que l’IA dans le secteur agricole n’en est qu’à ses débuts. En réalité, cette technologie est utilisée depuis des années dans les véhicules agricoles. L’automatisation des moissonneuses-batteuses assistée par l’IA, par exemple, est utilisée depuis 2020 : elle analyse en continu l’état des cultures et ajuste les paramètres en temps réel afin d’optimiser le rendement. La plupart des opérateurs ne considèrent pas cela comme de l’IA – ils en constatent simplement les résultats : un meilleur rendement des cultures, une réduction des pertes de grains et des performances de récolte plus constantes.
C’est là la caractéristique déterminante de l’IA dans le secteur agricole d’aujourd’hui. Elle fonctionne en arrière-plan, intégrée aux machines, et améliore les performances sans ajouter de complexité. À chaque étape de la saison agricole, les agriculteurs s’appuient sur des systèmes intelligents qui analysent les conditions, procèdent aux ajustements nécessaires et réduisent le besoin d’une intervention manuelle constante.
La valeur apparaît dans le champ et dans le bilan. Les technologies et les équipements optimisés par l’IA améliorent la productivité, réduisent la fatigue des opérateurs et simplifient la prise de décision lors de longues journées de travail sous haute pression. Cela permet également d’améliorer l’efficacité et la durabilité en optimisant l’utilisation des intrants agricoles et des ressources. Dans un contexte où les marges sont serrées et où la coordination est cruciale, ces gains ne sont pas simplement supplémentaires : ils sont essentiels.
Développer l’autonomie grâce à la simplicité et à la confiance
La voie menant aux véhicules entièrement autonomes ne consiste pas à remplacer l’opérateur, mais à travailler en collaboration avec lui. Les capacités se développent par étapes, en commençant par des fonctions assistées et automatisées, pour évoluer vers une plus grande autonomie. Cette progression est délibérée, car l’adoption repose sur la confiance.
Nos technologies « Sense and Act » (Réfléchir et agir), fondées sur l’IA, constituent un élément clé de cette approche. Ces systèmes surveillent en permanence les conditions sur le terrain et ajustent automatiquement les taux d’application en temps réel, ce qui permet d’adapter l’utilisation des intrants à chaque plante tout en allégeant la charge de travail de l’opérateur. Parallèlement, les plateformes numériques telles que New Holland FieldOps™ étendent les capacités intelligentes au-delà du véhicule, permettant ainsi une surveillance à distance, l’analyse des données et une meilleure coordination à l’échelle de l’ensemble des opérations.
La facilité d’utilisation demeure l’un des principaux facteurs favorisant l’adoption de l’autonomie. Les agriculteurs évoluent dans des contextes où le temps est un facteur déterminant et où les enjeux sont importants; or, les technologies qui ajoutent de la complexité créent des frictions. L’objectif est de rendre les fonctionnalités avancées intuitives, de la configuration à l’utilisation quotidienne. Lorsque les systèmes sont simples, fiables et donnent des résultats clairs, la confiance s’installe rapidement. Au fil du temps, cette confiance ouvre naturellement la voie à une automatisation plus poussée et, à terme, à l’autonomie.
Il subsiste toutefois des défis concrets qui déterminent la rapidité avec laquelle les véhicules autonomes pourront se généraliser. À l’heure actuelle, l’autonomie totale est particulièrement viable dans des environnements contrôlés tels que les vergers, les vignobles ou les zones de travail délimitées. Les lacunes en matière de connectivité, les considérations de sécurité dans les environnements à usage mixte et l’évolution des cadres réglementaires – en particulier sur les marchés mondiaux – continuent d’influencer l’adoption de ces technologies. En relevant ces défis de front, nous renforçons la confiance et continuons à mettre au point des technologies qui permettront d’étendre l’autonomie de manière concrète et évolutive.
« Nous déployons les technologies « Sense and Act » depuis quelques années et nous sommes actuellement en train d’étendre leur utilisation. Au lieu de pulvériser chaque acre, nous avons adopté une approche ciblée : cela permet de réduire le gaspillage, de diminuer les coûts et de limiter le recours aux produits chimiques synthétiques, ce qui contribue également à limiter la résistance des mauvaises herbes et des champignons.
Nous constatons une hausse de 15 % à 20 % de la marge brute dans le secteur des applications chimiques et d’environ 10 % dans celui des engrais. Sur notre ferme de 80 000 acres, où nous effectuons en moyenne cinq passages par année, ce qui représente une superficie couverte de 400 000 acres, tout gain supplémentaire en termes de rendement du capital investi (RCI) généré par cette technologie a un impact considérable sur nos résultats financiers. Associées à FieldOps pour assurer le suivi et la mesure de ces éléments, cela a eu un impact considérable. » — Jordan Kambeitz, chef de la direction, Kambeitz Farms
Des machines automatisées aux véhicules autonomes
La prochaine génération de véhicules agricoles prend déjà forme, avec une autonomie conçue autour de cas d’utilisation spécifiques où elle peut avoir un impact immédiat. Les environnements de cultures spécialisées, tels que les vergers et les vignobles, où la pénurie de main-d’œuvre est particulièrement sévère, constituent un exemple clair des domaines où les solutions autonomes gagnent du terrain
Le robot autonome R4 de New Holland incarne cette évolution. Faisant partie d’une nouvelle catégorie de véhicules agricoles autonomes, il est conçu pour effectuer des tâches répétitives et chronophages telles que le fauchage, la pulvérisation et le labourage. Fonctionnant sans cabine et piloté à distance, il utilise une combinaison de systèmes GPS, LiDAR et de vision pour se déplacer et effectuer ses tâches avec précision.
Ce qui fait du R4 un modèle remarquable, ce n’est pas seulement son autonomie, mais aussi son côté pratique. Il s’intègre aux activités agricoles existantes et fonctionne de concert avec l’équipement actuel, ce qui en fait un prolongement naturel plutôt qu’une source de perturbation. Les premiers commentaires des clients soulignent les avantages de cette solution : une plus grande souplesse, une efficacité accrue et la possibilité de réaffecter la main-d’œuvre à des activités à plus forte valeur ajoutée.
C’est ainsi que les véhicules autonomes gagnent du terrain dans le secteur agricole : non pas par un bond en avant soudain, mais par une évolution progressive qui s’appuie sur des technologies auxquelles les agriculteurs font déjà confiance. Chaque avancée – qu’il s’agisse d’automatiser une tâche, d’améliorer la cohérence ou d’alléger la charge de travail des opérateurs – renforce la confiance dans les capacités de ces systèmes.
L’autonomie ne se fera pas du jour au lendemain, et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable. Son succès repose sur du matériel simple et fiable, adapté aux besoins concrets des exploitations agricoles et qui suscite la confiance grâce à des performances constantes. L’IA équipe déjà les véhicules agricoles d’aujourd’hui, et l’automatisation apporte une valeur ajoutée tangible. Les véhicules autonomes constituent la prochaine étape d’une évolution déjà en cours. Chez New Holland, cette évolution repose sur un principe simple : c’est la technologie qui doit être au service de l’agriculteur, et non l’inverse."